30 juin 2008
L'Haptonomie

Selon les mots de son concepteur,
le Néerlandais Frans Veldman, maintenant établi en France, l'haptonomie serait
la « science des interactions et des relations affectives humaines ». Elle mise
sur une présence dite affective et « confirmante » — qui se manifeste par le
toucher — pour aider au développement d'un état de sécurité de base chez
l'autre, qu'il soit malheureux, malade, mourant ou pas encore né.
Frans Veldman se définit comme un
« chercheur en science de la vie ». Il a mis au point son approche au début des
années 1980, grâce à sa propre expérience auprès de personnes souffrantes, mais
aussi à ses connaissances en psychologie, en psychanalyse et en philosophie. Le
terme haptonomie, formé à partir de deux mots grecs, signifie « contact tactile
pour rendre sain, entier ». Veldman utilise également le terme « psychotactile
» pour décrire ce type de contact, puisqu'il demande tact, présence, transparence,
prudence et respect.
Bien que le terme ne bénéficie
pas de protection légale ou de copyright, Frans Veldman affirme catégoriquement
que l'haptonomie qu'il enseigne est la seule qui ait droit de cité puisqu'il en
est le créateur et qu’il est le seul en mesure de la transmettre adéquatement.
Théoriquement, il n'y a que les personnes formées par son équipe, au Centre
international de recherche et de développement de l'haptonomie (CIRDH), qui ont
le droit d'utiliser cette approche. En pratique, toutefois, la chose échappe à
son contrôle puisqu'on trouve de la formation à au moins un autre endroit,
l'Institut scientifique d'haptonomie, établi aux Pays-Bas. Ironiquement, cet
institut est dirigé par Frans R. Veldman, fils du premier et lui-même médecin,
ce qui donne lieu à une guerre publique.
Le concept de « présence »
thérapeutique connaît une importante croissance en Occident depuis quelques
décennies, comme en témoignent des approches telles que le toucher
thérapeutique, l'abandon corporel, l'approche non directive créatrice et
plusieurs autres. Ce que confirme Marie Panier, ostéopathe québécoise formée
par Veldman : « Les approches qui ramènent à la qualité d'être — à être plutôt
qu'à faire — sont de plus en plus nombreuses. Or, la base de l'haptonomie, c'est
ça : la présence dans le toucher, un toucher affectif qui rejoint l'autre dans
ce qu'il a de meilleur. » Dans la plupart des approches de ce type, comme dans
l'haptonomie, une certaine base philosophique et spirituelle soutient la
démarche de l'intervenant.
Le foetus comme une petite personne
La forme la plus connue
d'haptonomie s'adresse à la triade composée d'un père, d'une mère et d'un
enfant à naître. À compter d'environ quatre mois de grossesse, le bébé est
assez développé pour percevoir un toucher affectif et y réagir : il vient, par
exemple, se coller sur les mains du père ou de la mère et se laisse bercer à
travers le ventre de sa maman. Le toucher est le premier « langage », comme
l'ont démontré Ashley Montagu1 et plusieurs autres chercheurs. Les contacts
haptonomiques, c’est-à-dire des touchers affectifs de qualité, confèrent au
petit un important sentiment de sécurité, gage d’un plus grand équilibre
émotionnel après sa naissance. Ces touchers peuvent continuer d’avoir lieu
pendant l'accouchement, ce qui faciliterait la naissance du bébé et son
adaptation à sa nouvelle vie extra-utérine.
La mère tire toujours de ces
contacts privilégiés une meilleure qualité de relation avec son petit, et peut
en plus l'aider dans les processus physiologiques (par exemple, en incitant le
bébé à se positionner différemment dans l'utérus).
Quant au père, forcément exclu de
la symbiose physiologique mère-foetus, il trouve là un moyen exceptionnel
d'entrer en contact avec son enfant avant sa naissance. L'haptonomie permet,
selon Marie Panier, de « diminuer le décalage entre le vécu du père et celui de
la mère par rapport au bébé ». D'ailleurs, les séances d'haptonomie prénatale
ne sont pas censées avoir lieu sans la présence du père (sauf pour les mères
monoparentales), car ce serait aussi préjudiciable au couple qu'à l'enfant. À
défaut d'être partagés avec le père, ces échanges enfermeraient mère et enfant
dans une relation trop fusionnelle pour être saine.
Témoignage : « Te prendre dans mes bras, avant ta naissance »
Les témoignages des pères qui ont
recours à l’haptonomie sont souvent très touchants. En voici un. « Mon bébé, toujours dans le ventre de sa
maman, a un peu plus de huit mois. Il est viable. Il pourrait naître demain et
je l’aurais dans mes bras. À travers le ventre de sa mère, déjà je le prends,
je le palpe, je le masse, je le déplace dans son petit univers aquatique. Je le
connais. Littéralement, je joue avec lui. Et il joue avec moi. Je suis chaque
fois surpris de le sentir monter à la surface et venir se placer contre mes
mains quand je les dépose affectueusement sur le ventre de ma conjointe. Je
sens sa tête et ses fesses, et je la balance de droite à gauche. Nous sommes
ensemble. Soudain, il s’en va. On dirait qu’il va se réfugier au fond de son nid.
Il devient presque introuvable... À la prochaine. Bonne vie. »
Mentionnons aussi que le
programme « Préparation affective à la naissance », qui a cours au Québec comme
en Europe, est en partie inspiré par l'haptonomie (voir Sites d’intérêt). En
effet, la personne qui a élaboré cette approche et qui l’enseigne est une
psychologue belge, Brigitte Dohmen, qui a suivi la formation de Frans Veldman.
Outre l'apprentissage à la « présence » au bébé, telle que mise de l'avant par
l'haptonomie, Brigitte Dohmen intègre également des pratiques inspirées du
chant prénatal, de la psychologie du développement, de l'ostéopathie et des
théories liées au travail du périnée. (Ni la pratique ni l'enseignement ne sont
reconnus par le CIRDH.)
Pour les malades et les mourants
L'haptonomie comprend d'autres
champs d'intervention, dont l'accompagnement des malades et des mourants pour
les aider, notamment, à retrouver un « sentiment de complétude ». Il y a aussi
l'haptopsychothérapie, une façon de pratiquer la psychothérapie visant d'abord
à aider le client pour qu'il mobilise lui-même son « élan de vie » afin de
retrouver ou de développer sa santé psychique.
Quand, selon la théorie
haptonomique, on touche un patient en tant que sujet qui mérite d'être
respecté, il sent ce message, son corps se détend, sa respiration s'ouvre, sa
tolérance à l'intervention professionnelle est accrue et sa capacité à guérir
également.
Un geste apparemment si « naturel
», et pourtant...
Le toucher haptonomique pourrait
être décrit comme un toucher rempli d’affection, mais sans connotation
érotique; respectueux, sans être « détaché »; généreux, sans être
thérapeutique; tendre, ouvert et sincère. On pourrait croire qu’il s’agit d’un
toucher tout simple et naturel : le toucher affectueux et protecteur que les
mères prodiguent spontanément à leur enfant.
Pourtant, les haptonomistes
croient que dans de nombreux cas, on doit réapprendre ce toucher affectif pour
éviter de se cantonner, malgré soi, dans un toucher sensuel ou dans un toucher
technique. Ainsi les pères sont souvent loin d’être à l’aise quand vient le
temps de prendre leur bébé avec tendresse. L’apprentissage de ce toucher peut
aussi être bénéfique pour les nouvelles mères qui n’auraient pas eu la chance
de côtoyer de bébés avant la naissance du leur.
Enfin, il peut être bénéfique de
redécouvrir ce qu’est un toucher véritablement intime et rassurant quand vient
le temps d’accompagner un parent ou un ami gravement malade ou en phase
terminale. Surtout si on a à soigner la personne, à la laver, à changer sa
culotte souillée ou à la faire manger... comme un bébé.
Un équilibre délicat
L'approche de Frans Veldman se
situe à mi-chemin entre « l’intuition » et la technique, comme entre le
tutoiement et le vouvoiement. Une formation en haptonomie exige d’acquérir
certaines connaissances théoriques et pratiques, mais met beaucoup l’accent sur
le développement personnel, de façon à ce que le toucher affectif devienne une
véritable seconde nature.
Le collège scientifique que
Veldman a réuni autour de lui comprend surtout des psychiatres, des
gynéco-obstétriciens et des psychologues. Une des premières personnes à se
joindre au CIRDH fut Catherine Dolto, médecin formée à la psychanalyse, fille
de Françoise Dolto et auteure de plusieurs livres sur ou pour les enfants. Elle
a depuis délaissé la pratique de la médecine pour se consacrer à la
psychothérapie selon l'approche de l'haptonomie, et elle se présente maintenant
avec le titre d’haptopsychothérapeute.
Applications thérapeutiques
Utilisée au moment de la grossesse, l'haptonomie pourrait aider à améliorer le positionnement du bébé (ce qui peut soulager la mère et faciliter l'accouchement) et favoriserait la maturation des liens affectifs entre le père, la mère et l’enfant. Selon le Centre International de Recherche et de Développement de l'Haptonomie, l’haptonomie pourrait aussi aider certaines personnes à retrouver et développer leur santé psychique et favoriserait l’accompagnement des personnes atteintes dans leur intégrité physique tout en conservant le respect de la dignité de l’être2. Il n'existe cependant aucune étude scientifique publiée ayant évalué les effets thérapeutiques de l’haptonomie.
Source : www.passeportsante.net
20 avril 2008
L'art-thérapie
Article provenant du site www.passeporsante.net :
L'art-thérapie est une forme de psychothérapie qui utilise la création artistique (dessin, peinture, collage, sculpture, etc.) pour prendre contact avec son intériorité, l'exprimer et se transformer. Sans se préoccuper de la qualité ou de l'apparence de l'oeuvre finale, la démarche thérapeutique consiste à laisser progressivement surgir ses images intérieures, qui peuvent être autant le reflet d'expériences du passé que de rêves auxquels on aspire. Le geste créateur fait appel au corps qui se met en mouvement pour créer une oeuvre concrète; dans le même élan, il sollicite l'imagination, l'intuition, la pensée et les émotions. Les images ou les formes ainsi créées, en plus de dévoiler certains aspects de soi, peuvent générer une vision et des comportements nouveaux qui contribueront à des guérisons physiques, émotives ou spirituelles.
Certaines écoles de pensée considèrent que l’art-thérapie peut dépasser le cadre de la psychothérapie et avoir des visées humanitaires et thérapeutiques plus larges. Elle permettrait de venir en aide aux personnes malades, handicapées ou aux prises avec de la douleur chronique ou des problèmes moteurs, par exemple. (Voir École d'Art thérapie de Tours dans les Sites d’intérêt.)
L'application de l'art à des fins thérapeutiques n'est pas un concept nouveau. La Grèce antique, tout comme la plupart des cultures traditionnelles, considérait que les arts avaient un effet cathartique et thérapeutique. Au début du XXe siècle, le psychiatre suisse Carl G. Jung (1875-1961) avait déjà lui-même expérimenté les bienfaits de l’expression par le dessin; il a ensuite intégré cette approche dans sa pratique. Toutefois, l'art-thérapie n'a fait son entrée officielle dans notre société contemporaine que vers les années 1930. Elle s'est d'abord introduite en Angleterre et aux États-Unis grâce à Margaret Naumburg, enseignante et psychothérapeute reconnue comme l'une des pionnières dans le domaine. Par ailleurs, il est intéressant de faire un parallèle entre l'art-thérapie et l'art brut, un mouvement lancé en 1945 par le peintre français Jean Dubuffet, à cause de la similarité du processus créatif qui vise essentiellement l'expression spontanée et personnelle (voir Sites d’intérêt).
Au Canada, parmi les thérapeutes ayant contribué à l'intégration de l'art dans le cadre de traitements psychiatriques, mentionnons, Martin A. Fisher, qui a fondé en 1967 le Toronto Art Therapy Institute et, en 1977, la Canadian Art Therapy Association. Au Québec, le premier cours d'initiation à l'art-thérapie remonte à 1979, et dès 1982, un programme universitaire de maîtrise est mis sur pied. En France, en dépit des programmes de formation offerts depuis les années 1970, l'art-thérapie n'est pas encore très répandue. L'Angleterre est le premier pays européen où la profession a été reconnue par les Services de santé publique, en 1997. En Allemagne, les assurances couvrent, dans certains cas, les frais de prise en charge, tandis que dans la plupart des autres pays européens, le travail de reconnaissance professionnelle reste à faire.
Le titre d'art-thérapeute n'étant pas protégé, n'importe qui peut s'afficher art-thérapeute sans formation particulière. Au Québec, le titre « d'art-thérapeute professionnel du Québec (ATPQ) » est toutefois réservé aux titulaires d'une maîtrise en art-thérapie ou d'un diplôme universitaire équivalent approuvé par l'Association des art-thérapeutes du Québec. Il existe de nombreuses associations professionnelles d'art-thérapie dans le monde qui veillent à promouvoir et à contrôler les normes de formation et de pratique, entre autres, la Canadian Art Therapy Association, l'American Art Therapy Association ainsi que la Fédération française des art-thérapeutes.
Applications thérapeutiques
De façon générale, l'art-thérapie s'adresse à toute personne souhaitant entreprendre une démarche de croissance personnelle. L'approche s'apparente à une psychothérapie ou à une consultation psychologique classique à deux importantes différences près. Tout d'abord, elle privilégie un mode d'expression autre que le langage verbal. Ensuite, en plus de permettre des prises de conscience, elle peut elle-même être une source de libération, un révélateur ou un catalyseur à l'intérieur du processus de transformation. Enfin, c'est une approche dynamique qui favorise l'éveil du potentiel créatif, l'affirmation de soi et qui entraîne souvent un sentiment de bien-être, d'autonomie et de liberté.
L'art-thérapie est une pratique très répandue dans les secteurs de la santé. On l'utilise comme mode d'intervention en psychothérapie, particulièrement chez les sujets ayant de la difficulté à exprimer ce qu'ils ressentent par la parole, avec les enfants en bas âge ainsi qu'en physiothérapie pour développer une meilleure confiance en soi et favoriser la réhabilitation. L'approche peut être un outil d'accompagnement efficace pour aider à résoudre un grand nombre de problèmes reliés à des troubles d'apprentissage et de comportement, des traumatismes importants, des difficultés d'adaptation, des problèmes de dépendance et de suicide, des conflits de travail ou personnels, etc. L'approche peut aussi être un outil d'accompagnement efficace pour induire de l’empathie chez les professionnels de la santé et favoriser une meilleure communication avec leurs patients.
Recherches
Bien que peu d’études scientifiques bien contrôlées aient été publiées sur l’art-thérapie, voici les principales références relatives à son efficacité.
- Améliorer la qualité de vie des personnes âgées. Les résultats d’une étude randomisée avec groupe témoin menée auprès de 40 personnes âgées de 70 ans à 97 ans révèlent qu’une intervention d’art-thérapie basée sur l’observation d’oeuvres d’art améliore le bien-être émotionnel et divers paramètres physiologiques (pression artérielle, fatigue, douleur, etc.). Dans une autre étude, des personnes de 60 ans à 86 ans ont participé, pendant un mois, à une des trois démarches suivantes : séances de théâtre, discussions à partir d’oeuvres en arts visuels, ou aucune intervention. Les personnes âgées ayant suivi les sessions de théâtre ont amélioré de façon significative leurs fonctions cognitives et leur bien-être psychologique comparativement aux deux autres groupes, et ces améliorations étaient maintenues après quatre mois.
- Aider les patients atteints de cancer. Les résultats d'un essai avec groupe contrôle mené auprès de 32 enfants leucémiques de 2 ans à 14 ans indiquent qu’une approche d’art-thérapie combinant dialogue, imagination visuelle, jeux et dessins, induit des comportements positifs avant, pendant et après une intervention médicale douloureuse comme une ponction lombaire ou de la moelle osseuse, comparativement à un groupe sans ce type de support. Les résultats d’un autre essai randomisé portant sur 111 femmes ayant reçu un diagnostic de cancer révèlent qu’un programme d’une durée de huit semaines combinant des séances de méditation et d’art-thérapie diminue les symptômes de détresse psychologique et améliore la qualité de vie comparativement à un groupe contrôle. Même si d’autres essais bien contrôlés sont nécessaires afin de confirmer son efficacité, l’art-thérapie semble prometteuse pour améliorer le bien-être, favoriser la communication et aider à gérer les conflits émotionnels relatifs au cancer.
- Réduire le stress et l’anxiété. D’après les résultats d’une étude randomisée menée auprès de 36 étudiantes en sciences infirmières, une séance d’art-thérapie incluant dessins, peinture, écriture et collage pourrait être bénéfique afin de réduire le stress et l’anxiété et favoriser des émotions positives.
- Aider les personnes atteintes de schizophrénie. Il a été avancé que l'art-thérapie pouvait contribuer à aider les personnes souffrant de troubles psychiatriques. Toutefois, les auteurs d’une revue systématique publiée en 2005 ont convenu qu’étant donné le petit nombre d’études ainsi que la qualité insuffisante des protocoles, aucune conclusion définitive ne pouvait être tirée à propos de l’efficacité de cette approche pour les schizophrènes.
En pratique
Une session d'art-thérapie se déroule individuellement ou en groupe dans un endroit convivial qui ressemble souvent plus à un atelier d'art qu’à un cabinet de thérapeute. Avant d'entreprendre le travail de création, le thérapeute cherche à définir les motifs et les objectifs qui amènent le participant à suivre une thérapie afin de mieux le guider dans son processus de recherche intérieure. Puis il lui donne des conseils d'ordre technique relatifs aux matériaux choisis et l'encourage à s'exprimer le plus spontanément possible en représentant visuellement ce sur quoi il a décidé de s'investir.
Bien que l'art-thérapie comporte une dimension verbale, le travail expressif demeure central à la démarche. C'est l'image qui sert de fil conducteur. Par exemple, la personne qui suivrait une thérapie dans le but de résoudre une relation conflictuelle pourrait, au départ, peindre la douleur qu'elle ressent. Graduellement, elle parviendra à peindre un tableau renouvelé de la situation et pourra finalement voir se dessiner une solution inédite. Au début, cela peut paraître difficile à cause de notre tendance à analyser le moindre de nos gestes. Mais peu à peu, guidé par le thérapeute, on en vient, à force d'exercices, à s'exprimer plus librement. C'est en observant la manière de structurer l'espace, de disposer les formes, d'utiliser les couleurs, d'associer les idées qu'on parvient à donner un sens à sa création et à s'en inspirer pour effectuer les changements désirés dans sa vie.
Un des aspects intéressants de l'art-thérapie est que, contrairement à la parole, les images demeurent. Ainsi, dans le cadre de la thérapie, si un individu en venait à tout remettre en question, le thérapeute pourrait lui faire voir le chemin qu'il a parcouru en exposant l'ensemble de ses travaux. Le rôle du thérapeute n'est pas d'interpréter le travail créatif, mais de soutenir le sujet dans sa transformation et de l'accompagner d'une production artistique à l'autre afin qu'il en arrive à une plus grande clarté.
La durée d'une thérapie est variable. Il se peut que quelques séances suffisent à cerner le problème; la thérapie peut aussi s'étendre sur un plus grand nombre de rencontres.
Divers ateliers de groupe sont offerts par des enseignants, des art-thérapeutes, des artistes professionnels et des psychologues. Si les intervenants ne sont pas membres d'une association professionnelle d'art-thérapeutes, assurez-vous de leur compétence en psychothérapie. On a beau être un excellent artiste, on ne s'improvise pas psychothérapeute. Les ateliers sont généralement offerts dans des centres de croissance, des centres communautaires et des établissements offrant une formation en thérapie par l'art.
L'art-thérapie se pratique dans une grande variété de contextes, notamment dans les hôpitaux psychiatriques, les établissements de soins de longue durée, les centres de rééducation, les centres de réadaptation pour personnes alcooliques et toxicomanes, les centres de jeunes délinquants ainsi que dans les milieux correctionnels, les résidences d'aînés et en pratique privée. À Montréal, plusieurs hôpitaux, surtout anglophones, disposent d'un service d'art-thérapie. Le premier fut mis sur pied par Marie Revai à l'Hôpital Royal Victoria dans les années 1950.
17 avril 2008
Les psychologues, des profils méconnus
Articles provenant du site www.scienceshumaines.com :
Entendu à la télévision, dans une série policière très populaire : quand son supérieur hiérarchique annonce au commissaire Navarro qu'il lui envoie une psychologue, celui-ci réplique : « Je savais qu'il y avait des fous dans mon service, mais je ne savais pas que l'information avait filtré. »
Illustration parfaite du principal obstacle auquel se heurtent les psychologues : leur métier est mal connu, du grand public, mais aussi de leurs clients et de leurs employeurs éventuels, et... des psychologues eux-mêmes. Ainsi, Caroline, qui, son DESS de psychologie clinique en poche, s'est lancée dans la chasse à l'emploi avec une camarade de promotion, avoue : « Au bout de quelques entretiens, nous avons pris une feuille de papier et nous nous sommes fait une grille sur la différence entre psychologue, psychanalyste, psychiatre, éducateur, etc., pour nous définir en tant que professionnelles : on nous le demandait, et nous ne savions pas répondre. »
Une image floue
D'où vient que l'image du métier est aussi floue ? De l'histoire : histoire des mots, histoire des idées, histoire des institutions.
Le terme de « psychologie », ou « science de l'âme », apparaît dans notre langue en 1588 : il désigne une branche de la connaissance qui fait partie de la philosophie et s'enseigne dans ce cadre. La naissance de la psychologie scientifique, au xixe siècle, n'y change rien : les pionniers de cette nouvelle orientation associent une formation scientifique et/ou médicale et une formation à la philosophie.
La psychologie ne prendra son autonomie par rapport à la philosophie, en France, qu'en 1947, avec la création de la licence de psychologie.
Le terme de « psychologue », lui, n'apparaît qu'au début du xxe siècle avec, en même temps, les deux significations qu'il a toujours : celui d'une « personne qui a une connaissance empirique de l'âme humaine » (en ce sens, il est aussi adjectif) et celui d'une « personne qui exerce un des métiers de la psychologie appliquée». Ainsi, dès l'origine, un même terme désigne, d'une part, une qualité, un don ; d'autre part, un métier. Cette confusion est d'autant plus dangereuse que ce métier gardera longtemps des contours très flous. Longtemps, il n'a bénéficié d'aucune définition, d'aucune reconnaissance sociale.
Pour en finir avec l'histoire des mots, notons qu'en 1972, nous avons importé d'Amérique le mot « psy », désignant indifféremment psychologues, psychiatres, psychanalystes et psychothérapeutes. Voilà qui clarifie la situation !
Cette histoire explique la méconnaissance de leur métier dont souffrent, aujourd'hui encore, les psychologues. Dans l'imagerie populaire, deux visions du psychologue émergent, également mythiques mais opposées. A une extrémité du spectre, c'est le « sorcier » ; on appréhende son regard perçant qui sonde les reins et les coeurs, mais on s'attend à ce que, d'un coup de sa baguette magique, il rende dociles les adolescents révoltés, il réconcilie les époux en instance de divorce, il résolve les conflits d'une équipe de soignants. A l'autre extrémité, c'est le « théoricien inefficace », qui camoufle par un nuage de théories fumeuses et de grands mots abscons son ignorance des réalités ; on peut l'utiliser pour faire passer un test par-ci par-là, mais il faut le cantonner à ces tâches techniques et l'empêcher de se mêler du travail des gens sérieux. L'omniprésence de cette image confuse et vaguement inquiétante a des conséquences sérieuses. Celle qui frappe en premier lieu, c'est le contraste entre la popularité du mot et la réalité du métier.
Or, qu'en est-il de la réalité du métier de psychologue, de son statut ?
Le statut des
psychologues
La définition du statut des psychologues est récente. Les diplômes exigés, le code de déontologie et l'organisation progressive de la profession contribuent à mieux définir les frontières du métier.
Nés dans le flou, les psychologues y sont restés longtemps. N'importe qui pouvait inscrire « psychologue » sur une plaque, et s'installer... pour faire n'importe quoi. Certes, dès 1947, un texte définissait les fonctions du psychologue scolaire - mais les fonctions, pas le statut. Certes, dès 1950, le premier syndicat de psychologues voit le jour, mais l'identité de la profession est si incertaine que ce syndicat se croit obligé de préciser son intitulé : « Syndicat national des psychologues praticiens diplômés » ; cela implique qu'on trouve des prétendus « psychologues » qui ne sont ni diplômés, ni praticiens.
En fait, un tournant important est pris dès la naissance de la licence de psychologie et l'apparition d'un enseignement de psychologie clinique. Cet enseignement a été mis à l'écart de l'enseignement médical pour en préserver l'autonomie. « Sans doute voulait-on préserver la noblesse de la profession, son indépendance », écrit Colette Chiland.
Vers le titre de
« psychologue »
L'enseignement de la psychologie est donc demeuré dans les facultés de lettres. De nombreux psychologues sont recrutés, dès le début des années 60, dans le secteur de la santé et le secteur médico-social, mais leur rôle se dessine sur le tas : aucun texte ne définit leurs fonctions ni n'établit les qualifications requises. Seul point certain : ils ne font pas partie du corps médical.
Cette démarcation par rapport à la médecine est lourde de conséquences. N'étant pas médecins, les psychologues ne peuvent pas prescrire de traitements. D'où un double handicap : en libéral, une difficulté à trouver des clients ; en institution, une subordination de fait au corps médical.
Les instances représentatives, et notamment le Syndicat national des psychologues (SNP), vont dès lors se concentrer sur le combat pour la définition légale d'un titre de « psychologue», sanctionnant un cursus de formation défini. Cette démarche présente plusieurs avantages : elle maintient l'unité de la profession par-delà la diversité de ses champs d'exercice ; elle redore son image et offre une garantie au public, dans la mesure où le niveau de formation visé est élevé. Elle aboutit, après des années de lutte, au vote de la loi du 25 juillet 1985 « relative à la protection du titre de psychologue », qui pose ce principe : l'usage professionnel du titre de psychologue est réservé aux titulaires d'un diplôme de haut niveau, et l'usurpation de ce titre est passible de sanctions pénales. Reste à énumérer les diplômes reconnus et les équivalents acceptés pour les psychologues déjà en fonction. Cela prendra cinq ans... et encore, ce décret d'application, incomplet, sera modifié plusieurs fois. Or, entre temps, de nouveaux problèmes se sont posés.
En 1989, paraît un décret définissant le diplôme d'Etat de psychologie scolaire (DEPS) et, en 1991, le diplôme d'Etat de conseiller d'orientation-psychologue (DECOP), qui tous deux seront inclus dans la liste des diplômes donnant droit au titre de psychologue. Or, tous deux instituent des formations spécialisées. Ce sont surtout les psychologues scolaires qui posent problème : ils sont recrutés parmi les enseignants ayant trois années d'exercice et titulaires d'une licence de psychologie.
Autrement dit, leur niveau de formation à la psychologie est inférieur à celui qui est exigé de tous les autres psychologues, c'est-à-dire « Bac + 5 » . Pour le ministère de l'Education nationale, leur patron, ce sont des enseignants spécialisés en psychologie : ils n'ont pas de statut propre. Une situation contre laquelle s'insurgent les intéressés et les autres : « Qu'est-ce qui rend cette psychologie à l'école si différente qu'il faille absolument être instituteur pour l'exercer ? », se demande une psychologue.
Le statut des
psychothérapeutes
Les psychothérapeutes sont dans la situation où se trouvaient les psychologues il y a trente ans : la loi les ignore. N'importe qui peut se prétendre « psychothérapeute » pour faire n'importe quoi, y compris pratiquer des thérapies de haute fantaisie apprises en un week-end. Or, les gens qui s'adressent à un psychothérapeute ont des problèmes ; ils peuvent être très fragiles ; ne faut-il pas les protéger ? Pour tous les professionnels, la réponse est affirmative, mais, quant aux modalités, ils se divisent en deux clans : pour les uns, soutenus notamment par le Syndicat national des psychologues, il ne faut pas créer de diplôme spécifique, mais « conserver le principe du titre unique de psychologue ». Un diplôme spécifique de psychothérapeute ouvrirait la voie à un morcellement de la profession.
L'autre courant regroupe des psychothérapeutes qui exercent généralement une thérapie de la mouvance humaniste (bio-énergie, Gestalt, etc.), le plus souvent en libéral. Leur principal syndicat, le Syndicat national des praticiens en psychothérapie (SNPPsy), propose donc une formation prenant pour base une psychothérapie personnelle, complétée par une formation théorique ; ce cursus serait validé par une commission formée de psychothérapeutes chevronnés, d'obédiences différentes, et déboucherait sur un « diplôme de psychothérapeute ».
En France, la première position est majoritaire ; elle est défendue, sur le plan européen, par l'ANOP (Association nationale des organisations de psychologues). En Europe, la loi varie d'un pays à l'autre : la psychothérapie est une profession autonome en Autriche, aux Pays-Bas, en Suède ; elles est plus ou moins dépendante de la médecine en Belgique et en Allemagne ; c'est une spécialisation réservée aux psychologues et aux médecins en Italie.
La déontologie en
vedette
Il est normal qu'un métier qui se donne pour objectif d'aider les personnes se soucie de déontologie. Dès 1958, les psychotechniciens se dotaient d'un mini-code de déontologie, qui commence par : « Le psychologue doit, dans l'exercice de sa profession, s'interdire tout acte ou toute parole portant atteinte à la dignité de la personne humaine. » Article qui est repris, presque mot pour mot, dans le Code de déontologie publié en 1961 par la Société française de psychologie (SFP). Mais celui-là se contente de proclamer de grands principes. Pourtant, il demeure le seul texte relatif à la déontologie de la profession pendant plus de trente ans... Les « pères » de la loi de 1985 ont bien pensé à doter celle-là d'un volet sur la déontologie, mais cela n'a pas été fait.
Pendant ce temps, à mesure que la psychologie étend son champ d'intervention, les problèmes déontologiques se font plus nombreux. Claude Navelet, auteur d'un ouvrage partant d'une enquête approfondie sur les problèmes que rencontrent les psychologues, cite notamment une psychologue qui a vu un éducateur sadique barbouiller de nourriture un enfant malade, et le forcer à manger par terre, qui a protesté mais qui ignore visiblement que la loi lui fait une obligation de signaler ces sévices à l'autorité administrative ou judiciaire. Il est vrai que si elle l'avait fait, elle risquait d'être licenciée, cela c'est déjà vu... Des problèmes de déontologie se posent également sur d'autres points, tels que le secret professionnel : il y a des employeurs qui demandent la communication de tests psychologiques d'embauche, ou d'évaluation en interne. Ou encore, le respect de la personne humaine : ce principe de base n'est pas respecté lorsque le psychologue ne se présente pas comme tel, lorsqu'il néglige de prévenir son interlocuteur qu'un entretien a pour objectif de l'évaluer, qu'il a le droit d'en connaître le résultat.
Mais la source la plus inquiétante - parce que la plus lourde de conséquences - des manquements à la déontologie, c'est l'incompétence. Le meilleur psychologue, ce n'est pas celui qui sort son diagnostic plus vite que son ombre, mais celui qui a conscience des limites de son savoir, des abus de pouvoir qu'il commet s'il transcende ces limites, et des risques qu'il fait ainsi courir. L'article de Jacqueline Rémy sur « Le pouvoir des psychologues » a fait quelque bruit dans la profession. Mais le SNP a courageusement réagi de façon très modérée, en reconnaissant le bien-fondé de certains reproches. Selon cet article, des psychologues formulent, au terme d'un court entretien, et à partir d'un test unique, un « diagnostic de personnalité » qui fera confier un enfant à son père ou à sa mère, ou encore rejeter une demande d'adoption. L'article évoque également les abus dans l'usage des tests, sujet qui préoccupe grandement Claude Lévy-Leboyer, ancien directeur du DESS de psychologie du travail à Paris-V ; elle dénonce le recours à des « méthodes farfelues », à des tests qui n'ont aucune validité scientifique, et dont les résultats ne sont pas toujours communiqués aux intéressés, même quand ils en font la demande. Face à cette situation et aux insuffisances du Code de déontologie de 1961, la profession a décidé de réagir. Odile Bourguignon a pris l'initiative de créer, en 1994, un groupe pour élaborer un nouveau code. Ce groupe, formé de représentants de trois grandes associations de psychologues - l'AEPU, l'ANOP et la SFP - s'appuie sur des textes existants et sur les codes de déontologie déjà adoptés dans onze pays. Le nouveau code, rendu public le 22 mars 1996, est beaucoup plus étoffé que l'ancien : il comprend 35 articles. Et surtout, il s'accompagne de la création d'une Commission nationale consultative de déontologie, qui s'est réunie pour la première fois le 21 juin dernier. La promulgation de ce code suffira-t-elle à moraliser la profession ? Sans doute pas : comme tous les textes reposant sur le volontariat, il n'oblige que ceux qui s'y réfèrent, et qui ne sont pas les pires, évidemment... Mais ses promoteurs fondent sur lui de grands espoirs.
07 avril 2008
Agenda des évènements
- 19/05/2008 : Sexualités et handicaps.
La situation de handicap physique implique des difficultés de déplacement donc de rencontre, des désirs inassouvis et de la vulnérabilité. Ces journées, organisées par la Société francophone d'études et de recherches sur les handicaps de l'enfance (Sferhe), aborderont le sujet de la sexualité dans sa globalitélorsque l'on est handicapé moteur.
Date et lieu :
Du 19/05/2008 au 20/05/2008 : Lycée Saint-Jacques-de-Compostelle, 2, av. de la Révolution. - 86000 Poitiers
Informations :
Tél. : 02 51 46 48 48.
Site Internet : www.sferhe.org - Email : formation@technimediaservices.fr - 22/05/2008 : Soigne mon corps… ma tête est malade
Les dichotomies traditionnelles entre le corps et l'esprit, et entre ceux qui soignent les souffrances psychologiques et ceux qui soignent les maladies physiques, montrent régulièrement que la réalité est moins simple et les frontières moins étanches ! Colloque organisé par l'association Parole d'enfants.
Date et lieu :
Du 22/05/2008 au 23/05/2008 : Palais des congrès. - 4000 Liège
Informations :
Tél. : 08 00 90 18 97.
Site Internet : www.parole.be - Email : info@parole.be - 26/05/2008 : Formation brève au debriefing.
Formation, animée par Gisela Perren-Klingler (médecin, déléguée dans le cadre des interventions de la Croix-Rouge internationale), dont les objectifs sont : être capable d'amener les victimes ou les employés à reprendre du contrôle, à comprendre et à donner du sens aux événements ; maintenir son hygiène psychologique et ses capacités professionnelles ; pouvoir solliciter les pairs et les équipes de travail pour utiliser les outils du debriefing au retour de la formation.
Date et lieu :
Du 26/05/2008 au 28/05/2008 : Le Forum, 20, pl. de l'Horloge. - 84000 Avignon
Informations :
Site Internet : www.journeesdaccords.comjourneesdaccord - Email : journeesdaccords@wanadoo.fr - 30/05/2008 : Clinique du travail.
« Subjectivité, activité et travail », « Travail et santé », « Action et production de connaissances », « Clinique du travail et organisaation du travail » et « Travail, ccollectif, métier », telles seront les thématiques de ce colloque international organisé par le Centre national des arts et métiers.
Date et lieu :
Du 30/05/2008 au 31/05/2008 : Cnam, 292, rue Saint-Martin. - 75003 Paris IIIe
Informations :
Site Internet : www.cnam.fr - - 06/06/2008 : Journée Pierre Janet.
Ce séminaire, qui s’adresse aux étudiants, chercheurs, praticiens et professionnels (psychologie, éducation, philosophie, sociologie, histoire), aura pour axes principaux « Éclairages philosophiques et historiques inédits » et « Applications actuelles de psychologie dynamique janétienne ».
Date et lieu :
Le 06/06/2008 : Institut Pierre-Janet, 23, rue de la Rochefoucauld. - 75009 Paris IXe
Informations :
Site Internet : http://pierre-janet.com/ - Email : institut@pierre-janet.com - 26/09/2008 : La thérapie brève à la croisée des contextes.
Colloque international organisé par l'association Différences et changements. Trois séances plénières : « Les différents contextes historiques, géographiques et culturels d'application du modèle centré sur les compétences », « L'application du modèle dans différents contextes professionnels » et « Les fondements philosophiques du modèle de la thérapie brève centrée sur les compétences ».
Date et lieu :
Du 26/09/2008 au 28/09/2008 : ENS-Lyon, 46, allée d'Italie. - 69007 Lyon VIIe
Informations :
Sarah Soubeyrand, tél. : 04 77 93 22 68 ou 06 79 94 02 50. -
Email : differencesetchangements-st@9business.fr - 16/10/2008 : Masculin, féminin : bébé.
VIIIe Colloque international de périnatalité de l'Association de recherche et information en périnatalité qui sera consacré à quelques problèmes d’actualités de la périnatalité : le travail en réseau, l’entretien prénatal précoce, la poursuite de la médicalisation de la grossesse et ses effets sur le vécu des futurs parents, les questions éthiques posées par les nouvelles possibilités en matière de génétique et de procréation… Une large place sera faite à des communications en ateliers et à des communications affichées permettant des rencontres fécondes entre ces divers professionnels de la périnatalité.
Date et lieu :
Du 16/10/2008 au 18/10/2008 : Palais des Papes. - 84000 Avignon
Informations :
Tél. : 04 90 23 99 35.
27 mars 2008
Daniel TAMMET : Je suis né un jour bleu

Présentation de l'éditeur :
Ce témoignage est un voyage aux
côtés d'un jeune homme aux capacités hors du commun. Comme le héros de
Rain Man, Daniel Tammet est un autiste savant, un génie des nombres.
Son cerveau lui permet d'effectuer des calculs mentaux faramineux en
quelques secondes. Pour lui, les nombres sont des formes et des
couleurs.
Il
a ainsi mémorisé les 22 514 premières décimales du nombre pi, un
exploit qui a nécessité plus de cinq heures d'énumération en public.
Daniel est également un linguiste de génie : il parle sept langues et a
appris l'islandais en une semaine.
Bien qu'autiste, il n'est pas
coupé du monde : il est capable d'avoir une vie sociale et de raconter
ce qui se passe dans sa tête. Les plus éminents neuroscientifiques
s'intéressent à son cas.
Daniel décrit avec une simplicité
bouleversante son enfance à Londres, dans une famille de neuf enfants.
Il raconte ses années d'école, la découverte de sa différence, le
soutien aimant de ses parents, la conquête de l'indépendance, la route
vers la célébrité.
Aujourd'hui, Daniel a 28 ans. Il vit dans le Kent avec Neil, son compagnon.
Giorgio NARDONE : Manger beaucoup, à la folie, pas du tout.

Présentation de l'éditeur :
Ce livre décrit les traitements
proposés par la thérapie brève stratégique dans les cas de troubles
alimentaires. Les cas répertoriés relèvent de trois catégories :
l'anorexie, la boulimie, et, trouble moins connu et pourtant très
fréquent, le syndrome du vomissement. L'une des originalités de
l'ouvrage est de mettre l'accent sur ce troisième trouble (le plus
étrange des trois). On retrouve l'arsenal des interventions classiques
de la thérapie type "Palo Alto" (usage du paradoxe, prescription du
symptôme, solutions qui entretiennent le problème, etc.). Mais
l'originalité tient surtout au refus d'étiqueter le patient :au lieu de
comprendre le symptôme pour provoquer un changement, on tente de
provoquer un changement pour comprendre le symptôme, en inversant donc
la démarche traditionnelle. De nombreux récits cliniques illustrent le
propos, ainsi que la mention et l'étude des résultats obtenus.
Psychothérapeute
connu dans son domaine, représentant de la thérapie brève stratégique.
Ce courant est issu pour l'essentiel de l'Ecole de Palo Alto. Giorgio
Nardone a fondé sa propre école en Italie et a écrit cet ouvrage avec
deux de ses élèves. Auteur au Seuil avec Paul Watzlawick de Stratégie
de la thérapie brève.
Biographie de l'auteur :
Giorgio Nardone,
directeur du centre de thérapie stratégique (CTS) d'Arezzo, enseigne la
psychologie clinique à l'université de Sienne. Il est l'un des
principaux représentants de la thérapie brève stratégique. Auteur
notamment avec Paul Watzlawick de Stratégie de la thérapie brève
(Seuilk, 2000). Tiziana Verbitz est psychologue, psychothérapeute, et
chercheurse associée au CTS d'Arezzo et responsable du CTS d'Udine.
Roberta Milanese est psychologue et chercheuse associée au CTS
d'Arezzo, et responsable du CTS de Gênes.
13 janvier 2008
La boulimie
La boulimie correspond à des
crises régulières d’hyperphagie durant lesquelles la personne ingurgite une
quantité importante de nourriture diverses et variées. Les crises sont
généralement suivies de comportements visant à éviter de prendre du poids.
Parmi ces comportements, on retrouve les vomissements, la prise de purgatifs,
de diurétiques. Il est également possible d’alterner les crises avec le jeûne.
Contrairement à ce que l’on
pourrait penser, la boulimie est plus fréquente que l’anorexie. Les personnes
boulimiques ont un poids à la limite de la normale à l’inverse des anorexiques
qui ont un poids inférieur à la normale.
Ce trouble atteint en majorité
les adolescentes et les jeunes femmes.
Trois caractéristiques doivent être remplis pour le diagnostic de la boulimie :
- Des crises régulières de boulimie pendant lesquelles l’individu consomme rapidement une quantité de nourriture en tout genre. La personne mange tout ce qui est à portée de main, ce qui peut donner des mélanges assez originaux parfois. Durant la crise, la personne est incapable de se contrôler et ne peut s’arrêter. Ces crises doivent avoir lieu au moins 2 fois par semaine pendant une période de 3 mois minimum.
- Des comportements compensatoires inappropriés : afin d’éviter de prendre du poids à la suite d’une crise, la personne boulimique va tenter d’utiliser des moyens tels que se faire vomir ou encore prendre des laxatifs, purgatifs… Il faut cependant savoir que lorsque l’on vomit, le corps rejette seulement 50 % des calories de ce que nous avons manger, et ce, même lorsque le vomissement a lieu directement après avoir mangé.
Enfin, elle peut également faire beaucoup de sports.
- Une peur intense de grossir et une estime de soi liée à la forme et au poids du corps : l’estime de soi est en général très faible, ce qui explique ces comportements. Leur but est d’atteindre un poids inférieur à la normale.
Il existe 2 sous-types de boulimie :
-
la boulimie de type « avec
vomissements ou prises de purgatifs ».
- la boulimie de type « sans
vomissements ni prises de purgatifs » : la personne n’a pas
recours à ce type de comportements compensatoires mais peut par exemple, jeûner
ou faire beaucoup de sports. Ce type peut faire penser à la boulimie donc pour
le diagnostic, la personne ne doit pas remplir tous les critères de l’anorexie.
Les crises de boulimie sont
généralement suivies d’humeur dépressive, de culpabilité et d’irritabilité.
Les causes de la boulimie sont à
chercher dans l’environnement familial et social de la personne tout comme pour
l’anorexie (voir article sur l’anorexie).
Le suicide en face, exposition à la cité des sciences à Paris.

Conçue par la rédaction de
Science Actualités avec l’apport de psychiatres, de psychologues,
d’épidémiologistes, de sociologues, de neurobiologistes, de généticiens mais
également d’intervenants dans des associations de prévention, l'expo-dossier Le
suicide en face entend faire saisir les enjeux de santé publique mais
aussi individuels et sociétaux posés par le suicide.
Outre des films, des interviews d'experts et un point complet du sujet,
l'exposition propose un travail de peinture sur de très hautes toiles réalisé
par Isabelle Bonté sur le thème de la disparition ainsi qu'une installation
multimédia originale, créée par le photographe Philippe Bertin, la romancière
Olivia Rosenthal et le vidéaste Olivier Ducastel, qui tente de saisir l’empreinte
que le suicide d’un proche laisse sur ceux qui restent.

Infos pratiques
Du 27 novembre 2007
au 6 avril 2008
Espace Science
Actualités, Explora, niveau 1
Horaires : du mardi
au samedi de 10h à 18h.
Le dimanche : 10-19h
10 janvier 2008
L'adaptation à la maladie
« L'adaptation est une transformation (de son organisation, de son
matériel génétique...) conduisant à plus d'adéquation avec quelque chose (son
milieu naturel, une situation politique nouvelle, une technologie qui
bouleverse son organisation...). »
« L’adaptation est la
capacité à autoréguler son propre comportement sous l’effet des contraintes du
milieu ».
L’adaptation existe dans tous les domaines de la vie : adaptation physique, psychique, culturelle, sociale. Un individu qui part vivre à l’étranger, dans un pays où il ne connaît pas la langue, va tenter d’apprendre à lire, à écrire, à comprendre. C’est une forme d’adaptation sociale et culturelle. C’est s’habituer à un milieu inconnu pour réussir à y vivre le mieux possible.
Dans le domaine de la santé, le principe est le même. Lorsque l’on est confronté à un évènement stressant, nous mobilisons des ressources pour y faire face. Passer un examen, parler en public, sont autant d’évènements stressant dans lesquels on peut soit choisir d’affronter le problème et donc de rester, soit de le fuir et s’en aller.
Pour ce qui est de la maladie,
l’adaptation est plus complexe car la maladie entraîne un grand nombre de
changements tant physique que psychique et social qui ne s’effaceront jamais
mais s’inscriront dans une histoire de vie. Lorsque la maladie fait effraction,
l’identité de la personne est mise à mal et celle-ci devra être recomposée et
ce, grâce à l’adaptation.
S’adapter à une maladie c’est un
peu subir le mieux possible car on n’accepte jamais totalement une maladie,
mais on la subit quoiqu’il arrive. Lorsque l’on est atteint d’une maladie
grave, les gestes quotidiens, qui paraissent anodins pour quiconque, demandent
beaucoup d’efforts et donc, s’adapter à la maladie c’est « accepter »
de ne plus faire certains gestes qui sont à présent trop difficiles. C’est
aussi « accepter » qu’entre avant et après la survenue de la maladie,
nous devenons une autre personne. La maladie ébranle tout le système de valeur
qui va donc devoir être recomposé lui aussi. Généralement les personnes
malades, qui avant, se consacraient beaucoup à leur travail, aujourd’hui
privilégie l’amour, la sincérité.
Les croyances que nous avons, ont
un rôle dans l’adaptation à des situations. Généralement, elles donnent un sens
aux évènements qui arrivent et nous permettent de contrôler la situation. La
société alimente nos croyances. Par exemple, elle met en avant la réussite
professionnelle ce qui a pour conséquence de noyer les personnes qui perdent
leur travail dans un profond désespoir menant parfois au suicide. Mais encore,
toutes les croyances sur les maladies, comme le fait que le cancer soit associé
à la mort par la plupart des personnes, choquera profondément celle qui
découvrira qu’elle en est atteinte, même si c’est un cancer curable. Mais c’est
aussi le cas pour notre illusion d’invulnérabilité ou illusion d’immortalité.
En temps normal, nous avons le sentiment que rien ne peut nous arriver, que ça
n’arrive qu’aux autres et que nous sommes donc totalement protégés, mais c’est
lorsque l’on affronte des situations extrêmes que l’on prend conscience de
notre fragilité et du fait que la mort existe pour nous aussi. C’est un
sentiment de contrôle qui nous aide à vivre sans avoir peur à chaque instant que
nous fassions un accident, tombions malade etc. Le malade lui, qui en aura donc
pris conscience, devra continuer à vivre sans cette illusion d’immortalité et
c’est aussi là toute la complexité. Il devra donc se recréer de nouvelles
croyances personnelles pour pouvoir vivre sans avoir peur à tout moment.
Pour finir, s’adapter à la
maladie, c’est faire le choix de continuer à vivre en adoptant des
comportements appropriés à ce nouvel état de santé. C’est mobiliser ses
ressources internes et se réguler aux modifications physiques et corporelles. Ce
n’est plus vivre mais survivre.
09 janvier 2008
L'observance thérapeutique
Ce concept est très utilisé en
psychologie de la santé afin d’améliorer la compréhension des personnes malades.
Il correspond au respect rigoureux des prescriptions médicales du patient.
« C’est la conformisation aux
prescriptions médicales adressées par l’autorité médicale dans le cadre d’une
prise en charge de la maladie. »
L’observance thérapeutique ne
fait pas que référence à la prise de médicaments mais aussi au suivi médical
c'est-à-dire le fait de venir aux rendez-vous du médecin, mais aussi d’avoir
une alimentation saine et équilibrée, de faire du sport, éviter de fumer…
Lorsqu’une personne est atteinte
d’une maladie, l’inobservance aux médicaments entraîne une augmentation de la
durée de la maladie (elle éloigne la guérison), une augmentation des arrêts de
travail, une augmentation de la durée d’hospitalisation.
Il existe différentes formes de
non observance (Munserberger et al. 1996) :
-
les arrêts définitifs : ou encore « perdus de vue », ces
personnes mettent un terme à leur traitement et ne viennent plus aux
consultations.
-
les arrêts momentanés : le patient décide d’arrêter pendant un certain
temps son traitement.
- les oublis : c’est le comportement le plus fréquent. Il arrive souvent que
les patients oublient de prendre leurs médicaments.
-
les prises groupées : c’est le fait de prendre tous ses médicaments
directement en une prise.
La non observance thérapeutique
est liée d’une part à la nature de la maladie. Les personnes atteintes de
pathologies lourdes telle que l’infection au VIH ont beaucoup de difficultés à
adhérer au traitement compte tenu du nombre de comprimés à prendre et du nombre
de prises par jour. Les effets secondaires des traitements tels que les
chimiothérapies, trithérapies mais aussi la durée des traitements quelle que
soit la maladie, a tendance à faire diminuer la prise de médicaments, les
patients se sentant las et découragés. Dans certaines pathologies tels que l’hypertension,
l’observance est parfois difficile puisque souvent, il n’y a pas de symptômes
visibles, le patient a donc du mal à prendre des médicaments alors qu’il ne
ressent aucune douleur et que les effets ne sont visibles à long terme.
D’autre part, la non observance
est liée aussi à la nature de la personne. Les individus qui ont un manque
d’estime de soi, qui sont pessimiste, qui se découragent facilement, auront
plus tendance à arrêter leur traitement.
Enfin, l’interaction entre le
médecin et le malade a un fort impact. Si l’interaction est basée sur la
compréhension du patient, sur une confiance mutuelle, celui-ci pourra adopter
des comportements favorables pour sa prise en charge. Les médecins ont souvent
du mal à comprendre et à tolérer les personnes qui mettent un terme à leur
traitement car leur logique rationnelle veut qu’une personne malade a pour
objectif premier d’être en bonne santé et donc prendra ses médicaments. La
réalité est tout autre. D’une part, il est faux de dire que chaque individu a pour
objectif principal la sauvegarde de sa santé, cela reviendrait à dire que tout
le monde fait sans cesse attention à son alimentation, à faire du sport, à
faire des examens médicaux etc. Ce n’est pourtant pas le cas. Dans le cas du
VIH, beaucoup de personnes séronégatives vivant avec une personne séropositive et
donc étant parfaitement consciente du danger, décide de ne pas se protéger.
C’est ce qu’on appelle la logique profane. Chaque individu a une certaine
logique qui peut aller à l’encontre de sa santé.
D'autre part, il faut savoir que plus de
80 % des personnes atteintes de maladies chroniques ne respectent pas leurs
traitements, on voit donc que ce n’est pas du tout rare au contraire, il y a
bien plus de personnes non observantes que de personnes observantes.
Pour cette raison, il est nécessaire de prendre en compte les facteurs liés à l’observance thérapeutique, comprendre pourquoi certaines personnes arrêtent leur traitement, et à partir de cela, mettre en place des stratégies pour faciliter la prise de médicaments et les soutenir dans ce long chemin qu’est la maladie.
08 janvier 2008
L'adolescence
L’adolescence est un moment qui peut être difficile pour certain puisque c’est le moment où le processus de séparation-individuation s’opère. En effet, durant cette période, l’adolescent qui était dépendant de ses parents va s’en détacher afin de gagner son autonomie. Pour cela, trois étapes vont se dérouler entre 11 et 19 ans :
- La pré-adolescence qui est liée à la puberté. Elle se déroule entre 11 et 14 ans pour les filles et 12 et 15 ans pour les garçons.
- L’adolescence qui est associée aux changements physiques, corporels. Les signes sexuels se développent, la croissance s’achève. C’est le moment où l’adolescent se définit en tant qu’homme ou femme et se différencie de ses parents pour se construire sa propre personnalité. Elle se déroule entre 15 et 17 ans chez les garçons et 14 et 16 ans chez les filles.
- La post-adolescence qui conduit l’adolescent vers l’âge adulte. Etant donné que les deux premières étapes ont été franchis, l’adolescent pourra construire sa vie en s’investissant dans l’amour, le travail, la créativité en parfaite autonomie.
Durant cette période, la crise d’adolescence peut apparaître, celle-ci correspond à l’extériorisation des conflits psychiques qui entrent en jeu lorsque l’adolescent passe de l’enfance à l’âge adulte. La crise d’adolescence peut prendre plusieurs formes et peut s’identifier sous forme de prises de risques, de consommation de produits, de tentative de suicide, d’interruption scolaire, mais aussi au niveau psychopathologique en terme de dépression et de troubles du comportement alimentaire.
Il est difficile d’identifier si ces troubles sont uniquement dus à la crise d’adolescence ou s’ils correspondent à une véritable pathologie. La distinction entre dépression à l’adolescence et crise d’adolescence est très complexe. La prise en charge est donc difficile, cependant il est important de soulager la douleur de l’adolescent même si elle correspond à une crise d’adolescence et non à une pathologie.
Différents troubles peuvent apparaître à l’adolescence, annonçant une véritable souffrance qui doit être traitée le plus rapidement possible afin de limiter les conséquences sur le développement et la vie future de l’adolescent.
Parmi ces troubles nous pouvons trouver :
- l’anxiété de
séparation
- les troubles alimentaires
L’anxiété de séparation se caractérise par une détresse et une souffrance psychique intense lorsque la figure d’attachement (généralement l’un des parents) de l’adolescent, s’éloigne. Cette anxiété s’active principalement à la suite d’un évènement tel que la mort d’une personne proche ou encore un déménagement. L’adolescent aura peur pendant les moments de séparation ou lorsqu’il anticipera ces moments. Il peut arriver que celui-ci ne veuille plus aller à l’école par crainte qu’il arrive quelque chose à l’être aimé, ce qui aura des conséquences sur le plan scolaire. Des symptômes somatiques peuvent survenir tels que maux de tête, mal de ventre, palpitations, vertiges… Quand la détresse est grande, elle peut aller jusqu’à des attaques de paniques. L’anxiété de séparation est aussi très présente durant l’enfance.
La dépression de l’adolescent
reste malgré tout, difficile à identifier compte tenu de la nature changeante
des symptômes. L’adolescent extériorise sa souffrance sur un plan
comportementale, dans des conduites à risques, une consommation de produits,
des actes suicidaires, mais ne l’extériorise que très rarement par la parole.
Pour ces raisons, la dépression peut être confondues par une crise
d’adolescence.
Le syndrome dépressif est constitué de 4 groupes de signes :
- Trouble de
l’humeur : tristesse, idées noires, indifférence affective,
irritabilité.
- Inhibition psychomotrice : ralentissement psychomoteur, fatigue intense.
- Sentiment et
pensées particulières : perte de l’estime de soi, infériorité,
culpabilité.
- Les symptômes somatiques : trouble du sommeil, du comportement alimentaire, plaintes somatiques.
En ce qui concerne les conduites suicidaires :
l’adolescent se trouve dans un processus de remaniements psychologiques où il
se détache de ses parents afin d’acquérir sa propre autonomie. Pour pouvoir se
différencier de ses parents, il prend conscience de sa dépendance envers eux.
C’est pourquoi, l’adolescent cherche sans cesse une maîtrise des
évènements. Le fait qu’il entre dans une
période où les pulsions incontrôlables entrent en jeu lui donne le sentiment
qu’il n’a aucun contrôle. C’est pour cela que l’adolescent est amené à prendre
des risques, à passer à l’acte pouvant aller jusqu’au suicide. Ces prises de
risques extrêmes sont pour lui la marque d’une maîtrise. En effet, s’il ne peut
pas contrôler sa vie, il peut choisir sa mort.
Il est donc important
d’identifier rapidement, la souffrance de l’adolescent, qu’elle soit
pathologique ou non, car le pronostic de sa vie future en dépendra.
Enfin, les troubles alimentaires de l’adolescent, tout comme chez l’adulte, se caractérise par de l’anorexie c'est-à-dire un refus volontaire de manger afin de perdre du poids, ou encore la boulimie qui correspond au fait d’ingurgiter une quantité excessive de nourriture. Le trouble du comportement alimentaire à l’adolescence peut être le fruit d’un changement corporel mal supporté. En effet, à cette période le corps change, des transformations s’opèrent auxquelles l’adolescent n’est pas préparé. Ces troubles sont plus fréquents chez les filles. Celles-ci peuvent ne pas supporter leur féminité et pour cela, adopter des comportements qui visent à modifier leur apparence corporelle.
Comme pour les troubles du comportement de l’enfant, les relations d’attachement de l’adolescent peuvent favoriser la survenue de problèmes, mais d’autres facteurs de vulnérabilité entrent en compte tels que l’environnement familial et social, un problème d’estime de soi, l’impuissance apprise, le négativisme, le tempérament de l’adolescent.
Pour finir, tous ces troubles ont des conséquences chez l’adolescent : retard au niveau scolaire, isolement social, détresse psychique.
Il est donc important de s’attarder sur les troubles des adolescents qui montrent une réelle souffrance qui, diagnostiqué le plus tôt possible, leur permettra de mieux vivre cette période difficile auxquelles nous tous sommes ou avons été confrontés et favorisera un meilleur avenir.
07 janvier 2008
Les troubles du comportement de l'enfant.
Certains troubles peuvent apparaître dans l’enfance, montrant une véritable souffrance et qui, si possible, doivent être repérés le plus rapidement pour une prise en charge précoce. Parmi ces troubles, nous avons les troubles de l’attention et du comportement perturbateurs. Sous cette dénomination nous retrouvons :
- le trouble de
l’attention, hyperactivité
- le trouble des conduites
- le trouble oppositionnel avec provocation
Le trouble de l’attention, hyperactivité correspond à une agitation psychomotrice, une impulsivité ainsi qu’un problème au niveau de l’attention. Dans ces moments, l’enfant ne tient pas en place, bouge beaucoup, mais ce comportement n’est pas volontaire. Même si l’enfant hyperactif perturbe beaucoup son entourage, son agitation n’est pas un défaut de caractère, au contraire, il ne contrôle pas ses actes impulsifs. Ils sont parfois, à tort, pris pour des caprices ou des comportements volontairement perturbateur et ne sont donc pas toujours traités. En parlant de traitement, à la différence des Etats-Unis qui prescrivent à tout va de la Ritaline, quand on parle de « traitement » en France, l’accent est mis sur l’alliance entre psychothérapies (pour l’enfant et les parents) et médication.
Le trouble des conduites se caractérise par des crises de colère, agitation
pouvant aller jusqu’à des crimes, vols, viols, meurtres. Ce trouble débute dans
l’enfance et peut perdurer à l’adolescence. L’enfant recourt à la violence
réactive, c'est-à-dire qu’il se défend en réagissant à une attaque, mais a
aussi recourt à la violence proactive, c'est-à-dire qu’il utilise la violence
pour arriver à ses fins et non plus pour se défendre. Il a également des
attitudes et des valeurs morales antisocial.
Les enfants agressifs ont une
estime de soi fragile et une humeur labile donc changeante.
Enfin, le trouble oppositionnel avec provocation se traduit par des oppositions, des transgressions aux droits d’autrui. L’enfant désobéit, enfreint les normes, utilise la provocation envers son entourage. A la différence du trouble des conduites, l’enfant qui a un trouble oppositionnel n’aura recours qu’à la violence réactive.
Les conséquences de ces différents troubles sont un retard au niveau scolaire, le repli sur soi, la dépression, l’anxiété, et bien sûr une grande souffrance.
Les relations d’attachement de l’enfant (cf. Bowlby) auront un impact sur ces troubles et sur son développement futur. Il existe 4 types d’attachement : sécure, évitant, résistant et désorganisé. Le style d’attachement le plus favorable est l’attachement sécure. Des enfants qui ont eu un lien d’attachement sécure dans l’enfance, auront moins de probabilités d’avoir des troubles du comportement, et ce, à l’adolescence aussi. Mais on ne peut pas généraliser puisque certains bébés ayant reçu un attachement sécure ont eu tout de même une adolescence difficile. On ne peut donc pas conclure que les relations d’attachement ont toujours le même impact, (d’autres facteurs entrant en compte), cependant, elle prédit généralement une évolution plus ou moins bonne en fonction du type.
Enfin, les troubles de l’enfance tout comme ceux de l’adolescence, sont difficiles à identifier de part leur nature complexe, du fait que les enfants communiquent peu verbalement, mais aussi du fait que l’adulte ne prend pas toujours l’enfant au sérieux, en déconsidérant la gravité de ses problèmes. Les problèmes des enfants sont souvent pris pour des caprices de leur part ou le signe d’un mauvais caractère, la prise en charge reste donc difficile, cependant, lorsqu’elle est faite, le développement future s’en retrouve meilleur. Il faut donc se pencher sur les troubles de l’enfant tout aussi important que ceux des adolescents et des adultes notamment par le fait que l’enfance est une étape décisive pour le développement future, et qu’il est donc nécessaire de minimiser ses problèmes.
02 janvier 2008
La survivante était une mythomane
Article provenant de Sciences Humaines :
Une étude américaine nous
explique en quoi consiste la mythomanie ou, plutôt, le mensonge pathologique.
Depuis 6 ans, Tiana Head
dirigeait une association de survivants des attentats du 11 septembre
(Survivor’s Networ). Interviewée par de nombreux journalistes, elle était
devenue l’une des porte-parole des victimes et avait maintes fois raconté son
poignant récit. Elle aurait travaillé dans une filiale de la banque Merryll
Lynch, située au 96e étage d’une des Twin Towers, et aurait été arrachée des
flammes par un pompier, mort un peu plus tard. Son fiancé aussi aurait disparu
dans l’attentat. Depuis six ans, elle s’activait à la tête d’une association de
victimes, animant des visites guidées à Ground Zero.
Puis en septembre 2007, à l’occasion du 6e anniversaire des attentats, un
journaliste du New York Times fut pris de doutes. Très vite, il
s’aperçut qu’elle n’avait jamais travaillé pour Merryll Lynch, qu’aucun des
amis de son supposé compagnon disparu ne l’avait jamais rencontré, qu’elle
n’avait pas étudié dans les universités prestigieuses de Stanford et de Harvard
comme elle le prétendait. Pas plus qu’elle n’était allée fin 2004 en Thaïlande
pour aider les victimes du tsunami, ou en 2005 auprès de celles de l’ouragan
Katrina à La Nouvelle-Orléans. Tout cela était faux. De la pure mythomanie…
Qu'est-ce que la mythomanie ?
L’actualité met régulièrement en
scène de grands mythomanes. En juillet 2004, Marie L., une jeune femme, a porté
plainte auprès de la police, déclarant avoir été agressée avec son bébé dans le
RER par un groupe de jeunes gens qui l’aurait par ailleurs traitée de «sale
Juive». Mais l’enquête allait révéler que la jeune femme avait menti et
s’était même automutilée pour donner des preuves de son agression.
La mythomanie se distingue du mensonge. On ment en général dans des
circonstances précises : pour se protéger (le mari qui trompe sa femme,
l’étudiant pour expliquer un retard à son professeur), plus rarement, pour se
vanter (les exagérations du pêcheur…). Le mythomane est un menteur pathologique
qui élabore un récit imaginaire sophistiqué dans lequel il joue le beau rôle ou
cherche à se faire plaindre. Selon la psychologue Cheryl Birch, la mythomanie
ou «mensonge pathologique» est motivée par le désir profond de stimuler son
estime de soi, en se présentant comme un héros ou une victime. Certains
mythomanes ont par ailleurs un pouvoir de suggestion étonnant sur leur
entourage.
Le mythomane croit-il à ses mensonges ? Non au sens où il n’est ni délirant ni
victime d’hallucinations ou de faux souvenirs. Cela dit, à force de raconter
son récit, il finit parfois par se prendre au jeu.
La mythomanie correspond à un profil de personnalité pathologique. Le terme de
«mythomanie» a été créé par Ernest Dupré en 1905 et repris en 1925 dans son
livre sur les Pathologies de l’imagination et de l’émotivité. Le terme
n’apparaît pas dans le DSM IV (Manuel diagnostique et statistique
des troubles mentaux). Les psychologues lui préfèrent désormais le terme
de «mensonge pathologique». Dans une étude sur le sujet, les auteurs décrivent
le cas de Lorraine, une jeune Américaine de 22 ans hospitalisée dans une unité
psychiatrique. Tout commence lorsqu’elle se plaint à la police qu’un de ses
collègues lui envoie des menaces de mort par la poste. Un an plus tard, elle se
plaint de nouveau à la police que sa meilleure amie s’est entichée d’elle et
lui fait des avances afin de nouer une relation lesbienne. L’année suivante,
Lorraine se plaint encore de recevoir des menaces de mort de la femme de son
ex-fiancé. Les enquêtes montrèrent qu’il n’y avait eu ni menace de mort ni
harcèlement sexuel, que Lorraine avait tout inventé.
Jean-François Dortier
Cheryl Birch et al., «A review and case report of
pseudologia fantastica», The Journal of Forensic Psychiatry and Psychology,
vol. XVII, n° 2, 2006
25 décembre 2007
Joyeux Noël !

Animation réalisée par Cyberkor.
03 décembre 2007
Quelques bases de la psychologie de la santé
Il existe 3 modèles explicatifs de la santé :
C’est celui qui domine depuis 3 siècles. Ce modèle postule que les maladies sont les conséquences d’agents pathogènes soit externes (virus, facteurs toxiques…), soit internes (déséquilibre biochimique). Ce modèle a permis de faire reculer les maladies infectieuses grâce aux vaccins, antibiotiques, cependant il ne considère la maladie que sous un angle biologique sans tenir compte des facteurs psychologiques et sociaux impliqués dans le développement et l’évolution des pathologies.
Le modèle psychosomatique :
Ce modèle est né en Autriche et en Allemagne avec la psychanalyse et s’inspire du mécanisme de conversion décrit par Freud dans l’hystérie. Il essaie d’expliquer le développement des maladies chroniques par des facteurs psychiques jouant un rôle éthiologique déterminant.
Le modèle épidémiologique :
Ce modèle consiste à comparer des groupes de sujets sains et de sujet malades en recherchant tout ce qui les différencie (au niveau biologique, social, environnemental…). Pour ce faire, plusieurs type d'études :
- les études rétrospectives dans lesquelles on constitue le passé de sujet malade et de non malades.
- les études prospectives où on évalue une cohorte de sujets sain qui seront suivies pendant plusieurs années. On recherchera alors quelles ont été les différences initiales entre les personnes qui sont devenues malades et celles qui sont resté en bonne santé.
Le concept de coping :
Ce concept très utilisé en psychologie de la santé fait partie des stratégies d’ajustement (adaptation) à la maladie. Le mot coping vient de l’anglais « to cope » qui signifie « faire face, affronter ». En effet, chaque individu dans un moment de stress intense ou de détresse psychique, ne subit pas passivement les situations difficiles mais au contraire tente de les maîtriser. Le coping est donc un processus conscient et actif, à différencier des mécanismes de défenses en psychanalyse, qui sont inconscient. « Faire face » à un évènement stressant ne veut pas pour autant dire que l’individu affronte directement le problème, l’évitement fait aussi partie du coping et peut aussi avoir des effets positifs sur la santé.
Lazarus et Folkman définissent le coping comme « l'ensemble des efforts cognitifs et comportementaux toujours changeants que déploie l'individu pour répondre à des demandes internes et/ou externes spécifiques, évaluées comme très fortes et dépassant ses ressources adaptatives ».
Il existe 2 types de coping :
- le coping centré sur le problème (actif) où l’individu tentera d’affronter la situation de façon direct.
- Le coping centré sur l’émotion (passif) où l’individu tentera de réduire la tension émotionnelle induite par la situation stressante.
Le stress a un impact différent en fonction des personnes. Il n’est plus considéré comme déclencheur dans l’apparition d’une maladie, contrairement à ce que l’on pourrait penser, mais est considéré comme une véritable transaction entre l’individu et son environnement dans laquelle la situation est évaluée par l’individu comme débordant ses ressources et menaçant son bien-être (Lazarus et Folkman).
Le choix du type de coping se fera en fonction de :
- la nature de l’évènement, sa durée. Si la situation peut être modifié, un coping centré sur le problème pourra être mis en place sinon le coping centré sur l’émotion sera privilégié.
- Le soutien social qui correspond au soutien reçu par l’entourage familial, amical professionnel… Plus une personne a une perception du soutien social satisfaisante, moins elle sera vulnérable au stress et donc elle contrôlera plus positivement les situations difficiles.
Enfin, le type de coping est spécifique à l'environnement, mais aussi à la personne (confiance en soi, estime de soi, névrotisme, anxiété...).
D'autres concept de la psychologie de la santé seront également présentés dans de prochains articles.